Dès lors que les poches ont été déclarées conformes, elles sont stockées dans les chambres froides des plateaux techniques de préparation (en général un par établissement).
Les produits sanguins labiles (PSL) conformes sont répartis par navette sur chaque site de l'EFS ( établissement français du sang ). Ainsi, chaque jour, les poches de sang sont transférées aux sites EFS distributeurs qui gèrent les demandes des établissements de santé. L'EFS effectue ensuite d'ultimes tests avant de délivrer le produit demandé pour attribuer le produit le plus adapté au malade qui en a besoin (groupes sanguins).
La distribution s'effectue en fonction des caractéristiques immunologiques, de la nature et du mode de conservation des PSL. Ceux-ci ont une durée de vie différente :
- 5 jours pour les plaquettes,
- 42 jours pour les concentrés de globules rouges,
- 1 an pour le plasma congelé.
L'EFS fournit le LFB (Laboratoire français du Fractionnement et des Biotechnologies) en plasma, à partir duquel il fabrique des médicaments. Ces derniers sont distribués par les pharmacies hospitalières.
PSL : un suivi permanent
La traçabilité de chaque poche préparée et distribuée, depuis le donneur jusqu'au receveur est réalisée pour tous les dons. Pour cela, les informations relatives à la transfusion de chaque patient, notamment le numéro d'identification de chaque produit transfusé, sont intégrées dans la base informatique de l'EFS, garantissant ainsi la préservation de l'anonymat du donneur.
La Transfusion sanguine est un geste généreux, nécessaire pour les syndromes anémiques graves de nombreuses maladies et pour subvenir aux conséquences des saignements qu'entraînent certains gestes chirurgicaux majeurs .Elle a sauvé de nombreuses vies humaines.
Mais l' apparition et surtout l'expansion de maladies virales graves, à transmission sanguine (SIDA, Hépatite B, Hépatite C, ....) ont fait rediscuter le bien-fondé de la transfusion sanguine et ont nécessité l'application de mesures sécuritaires très strictes. Elles ont aussi débouché sur des recherches de responsabilité, importantes tant pour les organismes producteurs (CRTS, EFS .) que pour les utilisateurs c'est à dire les Établissements de Soins et leurs malades .
Enfin, l'évolution scientifique commence à faire apparaître de nouvelles méthodes (transfusion autologue, récupération sanguine ) mais aussi des substitutifs aux globules rouges pour assurer l'oxygénation suffisante en cas d'anémie majeure. Peut-être un espoir pour éviter plus tard la transfusion telle que nous la connaissons maintenant .
LES DIFFERENTES TRANSFUSIONS DES PRODUITS SANGUINS
Les transfusions homologues sont les plus fréquentes : le sang provient d'un donneur humain autre que le patient lui-même aux conditions que les groupes sanguins soient compatibles entre donneur et receveur .
transfusion de sang total : remplacée par la préparation de culots de globules rouges avec récupération du plasma sanguin et de ses protéines actives.
Transfusion de concentrés globulaires : seuls sont conservés les globules rouges, les globules blancs étant éliminés par déleucocytation, diminuant ainsi les risques viraux et immunologiques .
Perfusion de concentrés plaquettaires : ne sert que pour la lutte contre les troubles hémorragiques, surtout en cas d'insuffisance médullaire.
Le plasma sanguin peut être utilisé seul : sa conservation plus courte nécessite la congélation
Des procédés particuliers peuvent utiliser le sang des malades eux-mêmes dans des conditions différentes et plus particulières.
La transfusion autologue : dans la prévision d'une intervention particulièrement hémorragique, il est possible de prélever le sang quelques semaines auparavant , de le conserver et de l'injecter au cours de l'acte opératoire . Entre temps, l'intéressé aura reconstitue seul ses réserves .Le risque de contamination virale est moindre et il n'y a pas de risque immunologique.
Transfusion de sang récupéré à partir du saignement opératoire, en cours d'intervention . Les hématies récupérées sont aspirées, lavées et réinjectées . Cette méthode demande une préparation et des matériels spéciaux et ne peut s'adresser qu'à une chirurgie particulièrement aseptique (vasculaire ou osseuse ) et en dehors de toute affection cancéreuse ou infectieuse .
Enfin, des produits biologiques sont récupérés à partir du plasma humain, traités, stabilisés et utilisés secondairement (albumine humaine, facteurs de coagulation, fibrinogène, colles biologiques,...)
LES RISQUES DE LA TRANSFUSION
1) D'abord , il faut rappeler que les sangs humains ne sont compatibles que dans les mêmes groupes sanguins et il est indispensable de respecter les groupes A , B , AB et O , mais aussi les groupes Rhésus (Rh) .Il existe bien d'autres sous-groupes et la détermination du phénotype du sang décrit groupe et sous-groupes et permet de rechercher le meilleur sang compatible .
Une erreur de groupe dans une transfusion est un accident très grave qui peut aller à l'insuffisance rénale, voire à la mort .
2) D'autres risques moins dramatiques au début peuvent être encourus . Il s'agit de contamination virale (hépatite B ou C, Sida ). Ces virus sont toujours transmis par le donneur et l'agent infectant se trouve dans le produit sanguin . Pour éviter ce risque, tous les prélèvements des donneurs sont analysés pour rejeter les " dons " infectés . Mais la recherche est limitée par le temps qui sépare l'infestation du donneur et le moment où les réactions sérologiques sont suffisantes pour être décelables par les examens de laboratoires : c'est la fenêtre sérologique .Elle est actuellement assez courte (quelques semaines) et le risque, peu important, peut être chiffré à 1/220000 pour l'hépatite B , 1/350000 pour l'hépatite C et 1/1350000 pour le Sida.
Une méthodologie moderne (DVG) étudie le génome viral des hépatites et permettra de raccourcir la " fenêtre " à quelques jours et donc de minimiser encore de façon beaucoup plus importante, les risques de contamination dans les années à venir .
3) Les contaminations bactériennes sont en rapport avec l'infection de la poche sanguine elle-même, conséquence des manipulations lors de la préparation, de la conservation (chaîne du froid) ou de la technique transfusionnelle . Elle est peut fréquente et souvent sans gravité réelle .
4) Enfin, le risque immunologique est une sensibilisation à certains sous-groupes sanguins, souvent sans manifestations cliniques et que l'on retrouve par la recherche, avant et après la transfusion des agglutinines dites irrégulières .
ORGANISATION DE L'HEMOVIGILANCE EN CLINIQUE
Comme tous les établissements de soins, les cliniques privées sont tenues par la loi à mettre en œuvre toutes méthodes pour sécuriser les actes transfusionnels devant les différents risques rencontrés, mais aussi assurer le suivi et la traçabilité de ces actes . Un comité d'hémovigilance et de sécurité transfusionnelle est créé dans chaque établissement, en coordination avec les centres de transfusion et la direction régionale de la santé (DRASS) .
1) Des procédures d'utilisation des produits sanguins sont établies dans l'établissement afin de sécuriser le transport, la conservation ( température stable à 4°) et la manipulation de ces produits lors des transfusions . Elles sont rigoureuses en particulier pour le contrôle ultime du groupage, qui se fait systématiquement, pour chaque produit et au lit du patient juste avant l'acte transfusionnel . Ceci évite les erreurs d'attribution ou de groupage . Il en est de même pour les précautions d'asepsie . Le moindre incident dans le déroulement d'une transfusion fait l'objet d'une déclaration officielle aux organismes de tutelle et entraîne une étude particulière . Des contrôles de connaissances et de qualité sont réalisés dans notre établissement de façon régulière, auprès des personnels médicaux et paramédicaux afin de s'assurer de la bonne application de toutes les procédures .
2) La traçabilité des produits sanguins est stricte également . Chaque produit est identifié par un numéro de code qui le relie de façon définitive au donneur d'abord, au receveur ensuite . Dans la clinique, le produit sanguin quel qu'il soit est attribué à un patient et est suivi de la prescription médicale à l'acte, en passant par la commande, le transport et la conservation . Il existe aussi un suivi post-transfusionnel qui vérifie l'innocuité de la transfusion par des contrôles biologiques faits vers le 3ème mois .
Enfin, cette traçabilité de l'établissement de soins s'articule avec celle du centre de transfusion qui fournit les produits sanguins et permet de relier le donneur et le receveur si cela devient nécessaire
Un incident transfusionnel par contamination peut ainsi être suivi et " débusqué " quel qu'en soit l'origine , du donneur à la pose de la transfusion elle-même .
Depuis les lois de 1994, ces dossiers transfusionnels doivent être conservés en archives pendant 40 ans
LES BESOINS
Ils sont abondants .La transfusion sanguine en France représente environ 2700000 produits sanguins labiles . Les méthodes de substitution ( transfusion autologue, récupération sanguine, produits substitutifs ) sont bien insuffisants car ils réclament des conditions très spécifiques .
LE DON DU SANG EST IRREMPLACABLE !
de horlu



