L'importance de la condensation comme source principale d'énergie différencie les cyclones tropicaux des autres phénomènes météorologiques, comme les dépressions des latitudes moyennes, qui puisent leur énergie plutôt dans les gradients de température préexistants dans l'atmosphère. Pour conserver la source d'énergie de sa machine thermodynamique, un cyclone tropical doit demeurer au-dessus de l'eau chaude, qui lui apporte l'humidité atmosphérique nécessaire. Les forts vents et la pression atmosphérique réduite au sein du cyclone stimulent l'évaporation, ce qui entretient le phénomène.
Le dégagement de chaleur latente dans les niveaux supérieurs de la tempête élève la température à l'intérieur du cyclone de 15 à 20°C au-dessus de la température ambiante dans la troposphère à l'extérieur du cyclone. Pour cette raison, on dit des cyclones tropicaux qu'ils sont des tempêtes à « noyau chaud ». Notons toutefois que ce noyau chaud n'est présent qu'en altitude - la zone touchée par le cyclone à la surface est habituellement plus froide de quelques degrés par rapport à la normale, en raison des nuages et de la précipitation.
Types :
Les cyclones tropicaux sont divisés en trois groupes principaux : les dépressions tropicales, les tempêtes tropicales, et un troisième groupe dont le nom varie selon les régions.
Une dépression tropicale est un système organisé de nuages, d'eau et d'orages avec une circulation atmosphérique définie en surface et des vents soutenus maximum de moins de 17 mètres par seconde (33 n½uds ou 38 mi/h ou 62 km/h)
Une tempête tropicale est un système organisé de nuages, d'eau et d'orages avec une circulation définie en surface et des vents soutenus maximum entre 17 et 33 mètres par seconde (34-63 n½ud ou 39-73 mi/h ou 62-119 km/h)
Un cyclone tropical dont le vent soutenu maximum excède 33 mètres par seconde (environ 119 km/h). Le terme utilisé varie selon les régions, comme suit :
Ouragan dans l'Atlantique Nord, l'océan Pacifique à l'est de la ligne de changement de date, et le Pacifique Sud à l'est de 160°E. L'origine du mot est contestée: d'Huricán, du caraïbe pour «Dieux du mal» ou «Dieu des tempêtes», ou encore de l'Arawak huracana signifiant «vent d'été»
Typhon dans le Pacifique Nord à l'ouest de la ligne de changement de date. Le mot viendrait du Grec ancien tuphōn, un monstre de la mythologie grecque responsable des vents chauds, et qui aurait voyagé vers l'Asie par l'arabe (tûfân) puis récupéré par les navigateurs portugais (tufão). D'autre part, les chinois utilisent 台风 (grand vent) prononcé tai fung en cantonais
Cyclone tropical dans le Pacifique Sud-Ouest à l'ouest de 160°E, et dans l'océan Indien.
Cette terminologie est définie par l'Organisation météorologique mondiale.
Lieu de formation :
Presque tous les cyclones tropicaux se forment à moins de 30° de l'équateur et 87% se forment à moins de 20° de celui-ci. Comme la force de Coriolis donne aux cyclones leur rotation initiale, ceux-ci se forment rarement à moins de 10° de l'équateur (la composante horizontale de la force de Coriolis est nulle à l'équateur). La formation d'un cyclone tropical à l'intérieur de cette limite est toutefois possible si une autre source de rotation initiale se manifeste. Ces conditions sont extrêmement rares et de telles tempêtes se forment, croit-on, moins d'une fois par siècle.
La plupart des cyclones tropicaux se forment dans une bande d'orages tropicaux qui encercle le globe terrestre, et qu'on appelle la zone de convergence intertropicale. Leur parcours affecte le plus souvent des zones au climat tropical et au climat subtropical humide.
De par le monde, il se forme en moyenne 80 cyclones tropicaux par année.
Structure d'un cyclone :
Un cyclone tropical intense comprend les éléments suivants :
Dépression : tous les cyclones tropicaux sont en rotation autour d'une zone de basse pression atmosphérique à la surface de la Terre. Les pressions mesurées au centre des cyclones tropicaux sont parmi les plus basses que l'on puisse mesurer au niveau de la mer.
Une couverture nuageuse centrale dense : une zone concentrée d'orages et de bandes de pluie entourant la dépression centrale. Les cyclones tropicaux avec une couverture centrale symétrique ont tendance à être intenses et à bien se développer.
¼il : un cyclone tropical intense développe en son centre une zone de subsidence (mouvement descendant). Les conditions dans l'½il sont normalement calmes et sans nuages, bien que la mer puisse être extrêmement agitée. L'½il est l'endroit le plus froid du cyclone à la surface, mais le plus chaud en altitude. Il est habituellement de forme circulaire et son diamètre varie de 8 à 200 km. Dans les cyclones de moindre intensité, la couverture nuageuse centrale dense couvre le centre du cyclone et il n'y a pas d'½il.
Mur de l'½il : il s'agit d'une bande circulaire de convection et de vents intenses sur la bordure immédiate de l'½il. On y retrouve les conditions les plus violentes dans un cyclone tropical. Dans les cyclones les plus intenses, on observe un cycle de remplacement du mur de l'½il, en vertu duquel des murs concentriques se forment et remplacent le mur de l'½il. Le mécanisme à l'origine de ce phénomène est encore mal compris.
Écoulement divergent : dans les niveaux supérieurs d'un cyclone tropical, les vents s'éloignent du centre de rotation et manifestent une rotation anticyclonique. Les vents de surface sont fortement cycloniques, mais faiblissent avec l'altitude et changent de direction de rotation près du sommet de la tempête. Ceci est une caractéristique unique des cyclones tropicaux.
Effets du cyclone :
Les cyclones tropicaux au grand large causent de grosses vagues, de la pluie forte, et des vents violents. Ceci dérange les routes de navigation et coule parfois des navires. Toutefois, les effets les plus dévastateurs des cyclones tropicaux se produisent quand ils frappent la côte et entrent dans les terres. Dans ce cas, un cyclone tropical peut causer des dommages de 4 façons :
Vents violents : des vents de force d'ouragan peuvent endommager ou détruire des véhicules, des bâtiments, des ponts, etc. Les vents forts peuvent aussi transformer des débris en projectiles, ce qui rend l'environnement extérieur encore plus dangereux.
Onde de tempête : les tempêtes de vent, y compris les cyclones tropicaux, peuvent causer une montée du niveau de la mer et des inondations dans les zones côtières.
Pluie forte : les orages et les fortes pluies provoquent la formation de torrents, lavant les routes et provoquant des glissements de terrain. Fin novembre 2004, l'un de ces épisodes pluvieux a touché le nord des Philippines et fait quelque 500 morts et disparus.
Tornades : les orages imbriqués dans le cyclone donnent souvent naissance à des tornades. Bien que ces tornades soient normalement moins intenses que celles d'origine non-tropicale, elles peuvent encore provoquer d'importants dommages. Elles se produisent surtout à la bordure externe du système après son entrée sur terre, là où le cisaillement des vents est important à cause de la friction.
Les effets secondaires d'un cyclone tropical sont souvent aussi destructeurs :
Épidémies : le milieu humide et chaud dans les jours qui suivent le passage du cyclone, avec en plus la destruction de l'infrastructure sanitaire, rend possible des épidémies qui peuvent mettre des vies en danger longtemps après le passage du cyclone.
Pannes de courant : les cyclones tropicaux font souvent de lourds dommages aux installations électriques, privant de courant des dizaines de milliers de personnes, coupant les communications et nuisant aux secours.
Problèmes de transport : les cyclones tropicaux détruisent souvent des ponts, viaducs, et routes. Ceci complique le transport de vivres, de médicaments et de matériel de secours vers les zones qui en ont besoin.
Paradoxalement, ou apparemment, le passage meurtrier et destructeur d'un cyclone tropical peut avoir des effets positifs sur l'économie des régions touchées, et du pays en général, ou plutôt sur son PIB. Par exemple, en octobre 2004, après une saison cyclonique particulièrement intense dans l'Atlantique, 71 000 emplois ont été créés dans le bâtiment pour réparer les dégâts subis, notamment en Floride
de lalionneindomptable



